Sandrine Teixido sandrineteixido@gmail.com

I Arts Visuels

II Arts Sonores

III Ateliers

IV Enquêtes et collectifs

V Publications

Sandrine Teixido est artiste, autrice et anthropologue. Ses recherches théoriques et plastiques s’articulent autour de l’enquête artistique dans le champ des humanités écologiques et des théories du féminisme. Elle mène ses recherches-création en collectif, en duo et en solo, en croisant l’interdisciplinarité. Sa pratique s’appuie sur le dessin, les écritures contemporaines (performances, réécritures fictionnelles et spéculatives, scripts, écritures dans l’espace, etc.), l’installation, la performance et l’usage de dispositifs sonores.
Son travail interroge plus spécifiquement nos perceptions des catastrophes à venir par la prise de conscience de sons, de perceptions sensorielles ou des ambiances sonores industrielles intériorisées par les populations concernées. Elle mène également une réflexion sur les questions d’attention à l’environnement. Se rendre attentif aux signes précurseurs de la catastrophe, de leurs récurrences mais aussi sur la notion de distraction, c’est-à-dire l’idée de lutter contre une attention dirigée vers un accroissement économique et un contrôle de nos actions sous couvert de surveillance environnementale.
En 2011, à l’invitation d’Aurélien Gamboni, elle crée le duo de recherche artistique A Tale as a Tool, pour lequel ils utilisent la nouvelle de l’écrivain étatsunien, Edgar Allan Poe, « Une descente dans le Maelstrom » (1841) afin de modéliser nos capacités attentionnelles face aux catastrophes. Leur travail a été exposé dans différents contextes (biennale Mercosul à Porto Alegre, Musée d’Art Contemporain de Niterói – Brésil, Centre de la photographie et Théâtre de l’Usine à Genève, Indeterminacy Festival à Buffalo – USA). Ils ont constitué une archive de leurs différentes enquêtes au Brésil, en Norvège et aux États-Unis sur la plateforme A Tale as a Tool. Leur travail explore à la fois les conditions de l'enquête et les modalités de sa restitution : jeux de cartes, cartographie participative, installations... Ils développent des assemblées qui sont aussi des assemblages de personnes, d’objets, de savoirs, de formes au moyen de la mobilisation de récits en vue de se représenter notre position dans le contexte de catastrophes lentes et invisibles.
Son travail articule également la recherche-création avec l’écriture de fictions spéculatives en lien avec les théories féministes, par l’exploration de la notion de réécriture dans la lignée des autrices féministes. Elle a publié Hellsegga, une réécriture écoféministe de la nouvelle de Poe, dans la collection Sorcières aux éditions Cambourakis. Elle travaille actuellement sur La Vallée de l’éternel retour d’Ursula Le Guin, où l’autrice étatsunienne a mis en place une écriture cyclique inspirée à la fois de son travail féministe sur la science-fiction mais également du travail de ses parents anthropologues (Alfred et Theodora Kroeber) sur les tribus amérindiennes en Californie.
Sandrine a réalisé sa thèse en anthropologie à l’EHESS sur les liens entre territoire, musiques et politique en France (publiée aux Presses Universitaires de Grenoble) et la manière dont le son et la musique peuvent constituer un moteur d’engagement dans l’action et construire des subjectivités politiques singulières. À partir de ce premier questionnement, elle a orienté mes recherches vers une anthropologie du sonore en lien avec le territoire et les questions environnementales. Je me suis plus particulièrement intéressée à la place du sonore dans les alertes en cas de catastrophes au Brésil.
Ses travaux portent sur des évènements hydrologiques extrêmes de type inondations, glissement de terrain, ruissellement et pollution au Brésil et en France. Elle s’intéresse plus particulièrement aux liens entre alerte et ambiances sonores d’un environnement. Actuellement, elle travaille sur les inondations de mai 2024 au Rio Grande do Sul (l’état où Porto Alegre est la capitale). Dans ce contexte, elle s’intéresse plus particulièrement aux systèmes d’alertes précoces face aux inondations dits « centrés sur les personnes » ou « communautaires » (selon la terminologie du bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe). Elle développe une ethnographie des systèmes de vigilance collaboratifs et des manières vernaculaires de prêter attention à l'environnement. Elle applique une perspective sensorielle axée sur les différents régimes d'attention mobilisés par les personnes impliquées dans ces systèmes d'alerte collaboratifs.
En France, elle a travaillé sur une mobilisation citoyenne contre la pollution d'une centrale d'enrobage à chaud dans le Tarn (France). Elle a réalisé une ethnographie de la collaboration entre scientifiques (issus de l’Institut écocitoyen de connaissance des pollutions de Fos-sur-Mer) et habitants autour de l'installation d'une station météo et de la formation des citoyens à l'observation des lichens (biosurveillance) et des légumes feuilles (transfert sol-plantes), dans le but d'identifier une typologie des modes d'attention à l'environnement et des ethnométhodes mobilisés par la population.
Elle est médiatrice pour la Société des Nouveaux commanditaires et instructrice sur les appels à projets art-science et médiation culturelle de la Fondation Daniel et Nina Carasso. Elle réalise actuellement une recherche-action collective autour d’initiatives artistiques et scientifiques citoyennes dans le cadre du Plan National d’Action pour la protection du Lynx, financé par le Fond Vert (DREAL Bourgogne Franche-Comté et Agence de l’eau), en partenariat avec la Société des Nouveaux commanditaires. Elle est médiatrice pour l’action des Nouveaux commanditaires et dans ce cadre a implémenté des commandes musicales citoyennes à Paris et en Italie (Ultimo Cielo), ainsi qu’à Mulhouse (MulhouseS).
Elle réalise actuellement un postdoctorat au laboratoire LAAP à l’Université Catholique de Louvain.
Elle a enseigné dans les départements d’anthropologie de Nanterre et de Toulouse Jean Jaurès, dans les départements de musicologie de l’Université de Lorraine et de Toulouse Jean-Jaurès. Elle a enseigné à l’école des Beaux-Arts de Toulouse (isdaT) et à l’école d’ingénieur CentraleSupélec, ainsi qu’à l’Université Fédérale Fluminense (Niterói, RJ – Brésil).

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